Profession de terroir

HUMAIN, FORCEMENT HUMAIN

Le rejet justifié, de plus en plus partagé, et en particulier porté par une grande partie de la jeunesse, de l’agriculture prédatrice, qui a pris les formes modernes industrielles, mécaniques et chimiques sans intégration de ses conséquences sur le biotope terrestre, ouvre la voie à un foisonnement de pistes, de tentatives de réponse. Le concept, ou le nom, de "vin nature" en est issu. C’est aussi une tentative de réponse basée dans sa formulation sur la conception ancienne, et pas seulement occidentale, d’une humanité "supérieure" aux autres espèces, végétales, animales, n’ayant pas besoin d’elles pour rester durablement une espèce vivant sur terre. D’une espèce pouvant prospérer hors le milieu qui n’est pas seulement le sien, mais le milieu de millions d’autres êtres vivants de toutes tailles et familles, en fait le milieu qui l’a fait naître, et lui permet de vivre. En effet, que signifie le terme "vin nature", comment est-il compris, sinon comme un vin échappant à l’intervention de l’homme, comprise comme "antinaturelle" ? Or pour moi cette formulation a une ère de retard. L’homme est un produit de l’évolution de la nature telle qu’elle existe à un moment donné sur terre. et tout ce que fait l’homme est "naturel", stricto sensu. La bombe atomique, dont une cousine dans l’espace à 8 secondes de nous permet la vie sur Terre, le glyphosate, comme la musique de Mozart, sont tout à fait naturels. Comme les flatulences émettrices de ges des mammifères, ou le bombardement du Yucatan par la météorite qui a contribué à l’extinction des dinosaures, et à notre apparition. Ce n’est donc pas au moment où nous prenons de plus en plus conscience que nous avons eu tort de dissocier notre espèce, l’humanité, de son biotope, ou plutôt que nous comprenons que notre biotope ne nous est pas spécifique, ne nous appartient pas, mais que nous en sommes le produit et qu’il ne faut plus parler "environnement", mais MILIEU, que nous allons, que nous pouvons, même, vous « vendre » des vignes et des vins « naturels », qui se feraient sans nous. L’Homme est « naturel », comme tout ce qu’il fait, en réalité. Dans cette mesure, il n’y a de vin que « naturel », car il n’y a pas de vigne produisant des raisins et de vins en résultant sans l’intervention de l’homme. La vigne est une liane qui a besoin des racines des arbres pour faire plonger les siennes, de leurs branches pour aller vers la lumière. Les humains l’ont arrachée à son milieu, ont travaillé depuis 8000 ans ? à faire en sorte que le jus issu de ses enfants, les raisins, ne se transforme pas en vinaigre, ils ont volontairement, techniquement, culturellement, créé le vin car ils ont aimé ses vertus et ses plaisirs. Le vrai débat, dans le vin comme dans tout ce que nous faisons, porte sur nos choix, ayons donc le courage de ne pas se cacher derrière la « nature » pour les penser, les réaliser, les justifier. Essayons, maintenant que nous avons pris conscience des conséquences terribles de notre très ancien rapport prédateur à notre milieu, d’avoir la clairvoyance, le courage, de changer ce rapport, la capacité de le faire ensemble. Nous ne revendiquons donc pas le terme "nature" pour nos vins. Nous assumons nos orientations, notre responsabilité dans nos choix de viticulture, de vinification, d’élevage, y compris quand nous devons intervenir dans la vie du jus de raisin pour ne pas avoir à vous proposer autre chose que du vin, produit humain, forcément humain. C’est aussi pour cela que vous pouvez consulter la pièce d’identité de chacune de nos cuvées, soit par le qr code sur la contre étiquette soit directement par le site. Pour le rapport du vin et du "naturalisme", sur le site consulter l’onglet "connaissez vous Roger Dion"

 

Domaine Patrick BAUDOUIN - Princé - 49290 CHAUDEFONDS-SUR-LAYON
FRANCE - Tél./Fax : +33 (0)2 41 74 95 03


"l'abus d'alcool est dangereux pour la santé" (article L.3323-4 du code de la santé publique)
"C'est la pénicilline qui guérit les hommes, mais c'est le bon vin qui les rend heureux". (Alexander Fleming)